Mur ancien en mâchefer présentant une forte dégradation avec érosion du matériau, illustrant la sensibilité à l’humidité et la porosité du m

Le Mâchefer

Qu’est-ce que le mâchefer dans le bâtiment ancien ?

Jetez un coup d’œil à cette construction du début des années 1900. Ne trouvez-vous pas que ce parpaing a un aspect un peu étrange ?

La texture est plus sombre, plus poreuse… et on distingue parfois de petits points noirs.

Mur ancien en mâchefer présentant une forte dégradation avec érosion du matériau, illustrant la sensibilité à l’humidité et la porosité du m
Photographie d’un mur ancien en moellons de mâchefer fortement dégradé par l’humidité, montrant l’érosion du matériau sous un enduit extérieur dans une construction du début du XXᵉ siècle.

C’est normal : ce n’est pas un parpaing de béton. Il s’agit en réalité de mâchefer, et plus précisément ici de moellons de mâchefer.

Le mâchefer est un résidu issu de la combustion du charbon, un mélange de minerais récupéré dans les hauts fourneaux ou dans les industries utilisant massivement ce combustible.

Pourquoi le mâchefer a-t-il été utilisé en construction ?

L’idée de l’utiliser en construction apparaît dès la fin du XIXᵉ siècle, dans un contexte d’industrialisation intense. Mais c’est entre les deux guerres que cette technique connaît son véritable essor, car abondante et pas chère.

Dans la région lyonnaise (Lyon, Saint-Étienne ou encore Grenoble) le mâchefer est alors largement utilisé. On le mélange avec de la chaux ou du ciment et de l’eau, ce qui permet de produire différents éléments (voir notre petit tableau !)

On trouve même dans cette région une variante particulière : le pisé de mâchefer, qui reprend le principe du pisé traditionnel mais en remplaçant la terre par un mélange contenant ce résidu industriel.

Le matériau se reconnaît généralement à sa teinte gris sombre, sa forte porosité et aux petits points noirs correspondant à des fragments de charbon.

Quels sont les défauts du mâchefer ?

Son principal défaut reste toutefois sa sensibilité à l’eau.

Sa porosité élevée le rend vulnérable aux infiltrations : avec le temps, l’eau peut lessiver le matériau. On observe parfois un phénomène révélateur : les joints restent visibles tandis que le mâchefer s’érode progressivement.

Et pourtant, ces bâtiments tiennent toujours !

Dans certaines villes comme Lyon, on trouve encore des immeubles en mâchefer atteignant 5 à 6 étages. Un matériau né du recyclage industriel… qui raconte aussi une part de l’histoire constructive de nos villes qu’il faut conserver !

Zoom sur des moellons de mâchefer montrant une texture sombre et poreuse avec présence de fragments de charbon caractéristiques de ce matéri
Photographie d’un mur en blocs de mâchefer avec forte porosité et dégradation du matériau, illustrant la sensibilité du mâchefer au lessivage par l’eau.

Quels sont les types de construction en mâchefer ?

Voici un tableau récapitulatif de l’ensemble des types de construction en mâchefer qui peuvent être rencontrés dans le bâti ancien, avec leur aspect et leurs spécificités :

Tableau présentant les différents types d’ouvrages en mâchefer dans le bâtiment ancien, incluant béton, moellons, parpaings et pisé avec leu
Schéma pédagogique présentant les principaux types d’ouvrages en mâchefer utilisés dans la construction : béton, moellons, parpaings, pisé et cloisons.
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