La corrosion n’est pas juste une couche de rouille à décaper ou un profilé à changer.
Il existe plusieurs formes de corrosion, et les comprendre permet souvent d’éviter un remplacement inutile… ou de reproduire la même erreur sans en avoir identifié la cause.
Pour comprendre cet article avec aisance, nous vous invitons à lire notre article précédent pour comprendre avec facilité la réaction électrochimique de la corrosion.
La corrosion atmosphérique
C’est la plus connue. Elle concerne les éléments exposés à l’air et à l’humidité ambiante. Elle est généralement uniforme et provoque une diminution progressive de la section. On peut même quantifier la perte d’épaisseur annuelle en fonction de l’agressivité du milieu.
En environnement sec, elle est extrêmement lente ; en milieu humide, elle devient significative à long terme.

La corrosion par piqûres
Touche principalement les aciers inoxydables utilisés en extérieur : quincaillerie, garde-corps, caillebotis, mains courantes.
Elle apparaît surtout en milieux agressifs, comme les piscines ou les zones littorales riches en chlorures. Lorsque la fine couche protectrice d’oxyde présente un point faible (choc, rayure ou vieillissement), les ions chlorure et l’oxygène s’y engouffrent et creusent un trou en profondeur.
Son danger réside dans son caractère discret : quelques taches noires en surface peuvent cacher une attaque localisée importante.

La fissuration par corrosion sous contrainte
Apparaît lorsqu’un profilé est trop fortement sollicité, voire sous-dimensionné. Des microfissures se forment, exposant de la matière saine qui s’oxyde à son tour.
La corrosion fragilise davantage la zone contrainte, ce qui agrandit les fissures. La contrainte mécanique et la corrosion s’alimentent mutuellement, accélérant le phénomène.


La corrosion galvanique
Survient lorsque deux métaux aux potentiels électrochimiques différents sont en contact en présence d’un conducteur, généralement l’eau.
Les électrons migrent vers le métal capable de mieux les stabiliser. L’un se protège en captant des électrons, l’autre se corrode en les perdant.
Il s’agit d’un principe d’équilibre énergétique, mais aux conséquences parfois importantes en structure. Il existe par ailleurs des tableaux de corrosion galvanique, très utiles pour éviter ces phénomènes.

La corrosion par aération différentielle
Prenons une poutre dont une moitié est protégée par une peinture anticorrosion, et l’autre laissée brute faute d’accès.
La zone peinte devient confinée : l’oxygène y est moins disponible. La partie non protégée est pleinement ventilée. En présence d’eau ou d’humidité, une différence de concentration en dioxygène se crée à la surface de l’acier. La zone ventilée devient plus “positive” que la zone confinée.
Et en électrochimie, les électrons (négatifs) veulent aller vers le positif. Ils quittent donc la zone confinée sous peinture : la corrosion démarre sous la couche protectrice.
Pendant ce temps, la partie non protégée récupère les électrons et se trouve temporairement favorisée. Une fois amorcé, le phénomène tend à s’étendre, jusqu’à concerner l’ensemble de la poutre.

La corrosion caverneuse
Fonctionne sur le même principe que la corrosion par aération différentielle, mais à l’échelle des interstices : assemblages boulonnés, rivetés ou zones très étroites.
À une échelle microscopique, ces volumes peu oxygénés, combinés à la présence d’eau, favorisent le transfert d’électrons et le développement localisé de corrosion, souvent difficile à détecter.

La corrosion microbiologique
Peut apparaître en milieu humide confiné, notamment en présence d’eaux usées.
Certaines bactéries produisent des composés soufrés ou acides, rendant l’environnement particulièrement agressif pour l’acier, qui peut alors se dégrader rapidement.

Résumé des types de corrosion dans le bâti ancien


